Mission Stratégique Fabrication Additive France-Russie – 2018

Cette session a rassemblé les décideurs et experts français et russes des filières industrielles et académiques travaillant sur le développement et l’utilisation des technologies additives, ainsi que des responsables politiques en charge de la stratégie industrielle liée à ces technologies.

Parmi les participants, étaient présents : des représentants du ministère de l’Industrie et du Commerce russe, l’Union russe des industriels et entrepreneurs, le Fonds pour le développement industriel, différents centres de recherche et universités, de grands groupes industriels russes et français et des PME innovantes. (participants :Rostec, ODK, OAK, Russian Helicopters, Rusal, Severstal, VSMPO-AVISMA, Polema, VILS, Kompozit, MAI, CIAM,Skolkovo, Safran, Airbus, Dassault Systemes, ESI, Air Liquide, EDF, VOLUM-e, AddUp, BeAm, 3DCeram, SIU System etc.).

Pavel Chinsky, directeur général de la Chambre de commerce franco-russe a noté dans ses mots d’introduction le caractère unique de la coopération franco-russe à travers la relation de très longue date et de grande qualité que les entreprises entretiennent dans les secteurs industriels stratégiques. Il a aussi rappelé que la France est le premier employeur étranger en Russie et reste un partenaire de confiance pour les entreprises russes.

Adrien Danière, président de Nauka Innov et modérateur de cette session stratégique a ensuite dressé un tour d’horizon des filières de fabrication additive en France et en Russie, expliquant notamment que les deux pays souhaitent développer des compétences sur l’ensemble de la chaîne de valeur mais avec des atouts différents créant un contexte favorable à un dialogue franco-russe et à l’identification de sujets de coopération commerciale, technologique et industrielle.

 

Technologies de fabrication additive ou un des piliers de la transformation industrielle

Les technologies additives sont considérées en France comme en Russie comme un des piliers de la nouvelle transformation industrielle, tout autant que les technologies numériques et la digitalisation.

L’optimisation topologique et la liberté de conception de pièces aux géométries complexes révolutionneront les modes de production et constitueront une avancée comparable à celle qu’a constitué l’arrivée des logiciels, a souligné Evgueni Belosloudtsev, adjoint du groupe de travail TECHNET NTI. Quant au recours aux modèles mathématiques et aux jumeaux numériques, cela permettra de diminuer considérablement les retards, d’augmenter le contrôle qualité des produits et le suivi des performances.

Jean Sreng, directeur des technologies additives d’ESI Group, a expliqué les nombreux avantages de la fabrication additive :

-Conception (liberté de design, réduction des pertes matières, utilisation de matériaux légers, avantage économique du process, etc.)

-Production (réduction du cycle de production et des coûts)

-Commercialisation (exécution rapide des commandes individuelles, simplicité du service etc.).

 

Les technologies additives aujourd’hui en Russie et leurs perspectives de développement dans le pays

Aujourd’hui, les technologies de fabrication additive sont en plein développement et déploiement en Russie. Les milieux académiques et industriels travaillent à couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur :  formulation et production de nouvelles poudres, réalisation d’imprimantes 3D, adaptation d’outils numériques, etc.

En 2017, le marché russe des technologies additives a généré 80 millions de dollars de chiffre d’affaires a annoncé M. Dmitri Nikitin, directeur adjoint du département des machines-outils et de l’investissement du Ministère de l’Industrie et du Commerce russe. Chaque année ce chiffre d’affaires augmente de 20%.

D’après Ashkhen Ovsepyan, présidente de SIU SYSTEM, l’aéronautique, l’industrie spatiale, la construction de navires et la médecine constituent des marchés stratégiques pour la technologie additive en Russie avec un fort potentiel de développement à court terme. Les secteurs du ferroviaire, pétro-gaziers et automobiles offrent eux aussi de nombreuses possibilités à moyen terme.

L’élaboration de normes gouvernementales et la protection de ces technologies constituent aujourd’hui un enjeu de taille pour le secteur. Pour ce qui est de la standardisation, des normes GOST ont déjà été adoptées (TK182) a expliqué M. Igor Demakov, secrétaire exécutif du Comité de la standardisation technique et de la conformité de l’Union russe des industriels et entrepreneurs.

Mesures gouvernementales de soutien aux technologie additives

Dans ce domaine, le gouvernement russe est d’une grande aide. En particulier, le ministère de l’Industrie et du Commerce a constitué un groupe de travail pour les technologies additives dans le but d’organiser un dialogue entre les autorités, les différents acteurs du monde industriel et académique.

L’élaboration d’une politique de développement pour les technologies additives à l’horizon 2025 est en cours et portera sur les matériaux, équipements d’impression, logiciels et sur la formation du personnel. En septembre 2018 le Fonds pour le développement industriel a lancé un programme dont l’objectif est d’accélérer l’introduction des technologies additives dans l’industrie. Celui-ci prévoit que les entreprises peuvent bénéficier d’un prêt de 20 à 500 millions de roubles, pouvant être échelonné sur 5 ans, s’ils introduisent des technologies numériques et de production avancée a expliqué M. Timour Tsoupikov, expert du département de la politique industrielle du Fonds de développement industriel. Les entreprises étrangères pourront elles aussi bénéficier de ces modalités de prêt à condition que leur projet soit localisé en Russie avec une entité morale russe.

 

Sujets de coopération avec les entreprises françaises identifiés par les filières industrielles stratégiques russes

M. Vladislav Kochkourov, directeur général du centre des technologies additives du groupe ROSTEC et ingénieur en chef de l’entreprise de moteur Chenysheva identifie plusieurs sujets de coopération avec la France :

-Pour les producteurs d’imprimantes 3D : projets communs de recherche et développement, mise au point de nouveaux matériaux et d’équipements d’impression

-Pour les producteurs de logiciels : développement de nouveaux outils numériques, adaptation au marché russe

-Pour les producteurs de pièces aéronautiques : projets communs dans la fabrication de pièces complexes et échange d’expérience, projets de recherche et développement, soutien aux projets de certification

-Pour les entreprises aéronautiques : identification d’objectifs sectoriels clés, programmes éducatifs, échanges d’expérience

Durant la dernière partie de la « session stratégique Fabrication additive » les représentants des entreprises françaises et russes sont revenus sur leur expérience de mise au point et d’utilisation de ces technologies.
Les entreprises françaises et russes ont ensuite participé à des rencontres B2B dans le but d’élargir le nombre de leurs partenaires et identifier des opportunités de coopération.

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